Le role-play : l’art du choix et du comment choisir

Ce titre ne veut rien dire. Ou peut-être voudra-t-il dire quelque chose à la fin de cet article. J’aurai mis du temps à le sortir cet article. La raison ? Contrairement aux deux articles précédents où il y a de bonnes ressources en ligne, qu’il me suffit de compulser, annoter, traduire, eh bien ici le sujet est soit trop vaste soit trop spécialisé. Bref, il m’a fallu utiliser le peu que j’ai trouvé et réfléchir à la question. Et comme je n'ai pas l'habitude de beaucoup utiliser mon cerveau, ce fut long. Mais nous y voilà. Nous allons parler de role-play et d’improvisation.

La narration : la méthode du donjon

Je ne sais pas pour vous, mais moi quand j’étais au collège/lycée, je me rappelle avoir eu des cours de français sur le récit, la narration… Sauf que je ne m’en souviens plus du tout. C’est tout même vachement con, parce qu’en tant que MJ, on aimerait bien savoir raconter notre histoire au mieux.
Mais bon, même en se rappelant de ces cours, je ne suis pas sûr que ce soit vraiment utile pour nous autres rôlistes… On parle tout de même de gens qui s’extasient sur les cinquante pages de description d’un Balzac.

Adjuger une action : la méthode

Aujourd’hui c’est du lourd. On parle de l’adjudication des actions des joueurs.

Vous savez, il y a trois compétences de base requises pour le maître du jeu : l’adjudication, la narration et le role-play (pas dans le sens où vous l’entendez, mais dans celui de la prise de décisions). Maîtriser ces trois compétences ne fait pas de vous un bon maître de jeu, mais vous empêche d’en être un mauvais. De la même façon que savoir chanter ne fait pas de vous un excellent chanteur, vous arrêtez simplement de percer les tympans des gens à côté de vous quand vous poussez la chansonnette dans le métro (mais s’il vous plaît arrêtez de faire ça).

Pourquoi on joue : identifier les Esthétiques

Est-ce que vous connaissez le mot « platonicité » ? Si ce n’est pas le cas, notez-le quelque part, car c’est un mot puissant dont l’utilité dépasse de loin le jeu de rôle. Comme on peut s’en douter avec l’étymologie, le philosophe grec trempe là-dedans. Car d’après Platon, il existe de grandes catégories dans lesquelles on peut classer absolument tout. Ce type est un peu rangeur compulsif, qui doit pouvoir attribuer chaque chose à sa catégorie. Le problème, au-delà de l’aspect philosophique, c’est qu’on ne connait pas les catégories. Alors on les cherche ou on les invente, on met des trucs dedans et on regarde si ça rentre ou si y a des choses qui dépassent. La science a progressé à grands coups de platonicité. Les scientifiques font une hypothèse (quelque chose rentre dans telle catégorie) puis la testent. C’est très rassurant : chaque chose est à sa place et a un rôle bien défini. Malgré tout, c’est parfois très difficile de vérifier qu’une chose n’appartient pas à la catégorie qu’on pensait. Cela signifie qu’il faudrait la sortir de sa catégorie et la laisser là, comme un électron libre ?
La dernière fois, je vous ai proposé un bel exercice de platonicité en proposant des catégories qui expliquent pourquoi et comment les joueurs s’amusent à la table. Aujourd’hui, nous allons plus loin, et voyons comment l’utiliser.

Pourquoi on joue : les Esthétiques de jeu

À la fin du dernier article, je me suis rendu compte que je n’avais traité qu’une partie de mon sujet. Je devais parler de pourquoi on joue et pourquoi on s’engueule (c’était le titre après tout), et j’ai juste expliqué pourquoi on se fait du mal par claviers interposés. Car la rage rôliste s’exprime surtout à l’écrit, et sur Internet. Les gens de chair et de sang ont tendance à respecter leurs congénères lorsqu’ils sont en leur présence.
Mais à la fin de l’article, j’ai aussi dit que j’allais parler de pourquoi on joue. J’ai donc fait mes devoirs.
UNepic partie jdr

Pourquoi on joue, pourquoi on s’engueule

Aujourd’hui, j’ai compris un truc. C’est plutôt rare, même quand on m’explique longtemps. C’était un grand moment. Sur l’échelle de l’émotion, c'était proche de la fois où ma grande sœur me confia que finalement non, le soleil n’était une montgolfière qui brille très fort. Et étrangement, le fait que le soleil soit le soleil et non une montgolfière qui brille explique beaucoup de choses. Le genre de moment étrange où vous avez l’impression d’avoir percé les arcanes de l’univers, où vous comprenez enfin par où attaquer votre puzzle de 5 000 pièces. Me regardez pas comme ça, je n'en ai jamais fait.

Créer son personnage (3/3) : L’interprétation en jeu

En regardant le titre, vous pouvez vous dire que je suis tombé sur la tête. Si je joue avec mon personnage, c’est que sa création est terminée, n’est-ce pas ? Eh bien… Pas vraiment. Oui, la création est terminée : vous avez votre concept et vous lui avez donné corps. Pourquoi ne pas s’arrêter là ? Parce que si vous vous lancez dans la partie à corps perdu, votre personnage va se fissurer.
Nous allons entrer dans le train glissant de comment jouer son personnage à la table.
wolverine esquisse